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Hommage à Monsieur René Lair de la Motte décédé le mardi 29 décembre 2015 à l'âge de 92 ans. Il fut conseillé municipal à Mézangers en 1961 puis maire de la commune de 1983 à 1995 succédant à M. Manson.



Historique

Premières traces humaines :

 

Mézangers vient du mot « Mansus ou Mansio » qui signifierait « station » et « Angé » provenant d’un nom propre.

Le territoire de Mézangers semble avoir été occupé très tôt. En effet, à l’époque préhistorique (Paléolithique moyen, vers 120 000 ans), l’homme occupe un petit territoire du bassin d’Evron, au pied de la butte du Montaigu, sur les communes d’Hambers et de Mézangers. Il trouve, ici, un grès dur utilisable pour tailler des outils dont la forme est caractéristique de la culture du Moustérien (correspondant à l’homme de Neandertal).

Les outils les plus caractéristiques sont des bifaces, c’est-à-dire des pierres travaillées sur les deux faces pour donner une forme d’amande. On s’en sert pour assommer le gibier et se défendre.

En 1875, M. MOREAU a découvert de nombreux autres objets de cette période à proximité de la commune.

 

 

Le pouvoir religieux et le pouvoir féodal : la formation du bourg

 

Une première mention du territoire de Mézangers apparaît au VIème siècle lorsque l’abbaye de Saint Vincent du Mans achète les lieux nommés « solliaco, Mansione »

En 1125, l’  « Ecclesia Sancti Frontonis de Mezengiaco » apparaît dans les possessions de l’abbaye d’Evron.

Autrefois, il existait deux fiefs sur le territoire de Mézangers, réunis à la fin du XVème siècle. Le seigneur de Mézangers était le souverain des forêts et le seigneur du Rocher, son vassal, le roi des eaux.

Selon certaines sources, le premier seigneur de Mézangers apparaît au XIIIème siècle avec le chevalier Guillaume d’Anthenaise. Son château se serait situé à proximité de l’église.

Pour le Rocher, le premier seigneur est Guillaume le Defublé.

A la fin du XIVème siècle, la seigneurie passe entre les mains de la famille Le Maire.

Par mariage, la terre du Rocher appartient par la suite à la grande et célèbre famille de Bouillé.

 

 

Le pôle religieux :

 

L’église et le cimetière :

Un cimetière était contigu à l’église puis a été transféré sur la route de Neau en 1885, à la demande des habitants. Un édit royal de 1776 avait, auparavant, interdit officiellement l’inhumation dans les églises et autour de celles-ci ; édit relancé et confirmé au début du XIXème siècle.

L’église a été dédiée à Saint Front car l’un des vicaires de Mézangers était partisan de l’évêque Saint Front de Périgueux (24). Les dévotions locales donnent d’autres noms à cette église : Notre Dame de Mézangers ou Saint Etienne de Mézangers. Saint Front et Saint Etienne sont représentés sur les peintures murales situées dans le chœur.

La première église date de l’époque romane et était composée d’une nef, d’un chœur en abside et d’une puissante tour-clocher. A l’extérieur, l’ensemble était soutenu par des contreforts doubles aux angles de la façade et à la tour-clocher. Les fenêtres en arc plein cintre éclairaient la nef et le chœur.

Au XIVème siècle, on crée une chapelle au Nord, selon les volontés du seigneur du Rocher.

L’aspect actuel de l’édifice résulte des aménagements réalisés au cours du XIXème siècle.

En 1840, l’église est très abîmée (tirants traversant la nef pour soutenir l’ensemble), aussi le curé de l’époque décide de faire appel à l’architecte départemental : Eugène HAWKE.

Dans les années 1880, une chapelle va être construire au sud afin de créer une symétrie avec l’autre chapelle et ainsi former le transept. Une sacristie au sud et deux absidioles sur le chevet seront aussi édifiées. Enfin, une petite tourelle d’escalier sera accolée sur la chapelle nord.

 

Le décor de cette église est riche et varié (statues, peintures, vitraux et pierres tombales).

- vitrail de la Vierge de Pitié dans la chapelle nord, 1ère moitié du XVIème siècle, classé au titre d’objet en 1910. Il faisait parti d’une plus grande verrière.

- dalle funéraire de Renée de Laval, femme de René de Bouillé seigneur de Mézangers, en marbre gravé avec inscription funéraire et blasons, du XVIIème siècle, classé au titre d’objet en 1910.

- deux demi-reliefs représentant les apôtres groupés deux par deux, en tuffeau, du XIVème siècle, classé au titre d’objet en 1910.

-statue de la Vierge à l’Enfant en pierre, du XIVème siècle, classé au titre d’objet en 1910.

- divers armoiries dans l’église et à l’extérieur : celles de la famille de Bouillé, de Roquelaure, de Bezolles, de Bouzet, de Foix-Béarn et de la famille Le Maire.

- peintures murales réalisées entre 1892 et 1901 par le peintre Albert Vivet, représentant entre autre Saint Pierre et Saint Paul enseignant aux nations.

- dalle funéraire de Jacques Bance, bourgeois du Mans, située à l’entrée de la chapelle nord, de la fin du XVIIIème siècle.

- statue de Françoise Mézières, jugée et guillotinée en 1794 pour avoir aidé et caché des soldats. Elle fut béatifiée en 1955 et la statue reçut la bénédiction en 1956. Elle porte un livre rappelant sa fonction d’enseignante et un rouleau de pansements faisant référence à son rôle d’infirmière.

 

Le Temporel (le presbytère) :

Un ensemble important de bâtiments représente encore l’environnement du presbytère.

Sa fondation pourrait remonter au XVème siècle. Il est constitué d’un logis, de dépendances (granges, toits à porcs) et d’une vaste cour. Autrefois, un porche le traversait, on peut encore voir aujourd’hui dans la façade principale la trace de ce passage. Certains indices indiquent une construction ancienne (porte et fenêtres bouchées, toiture haute par exemple, voûte en lattis, contreforts sur le pignon sud). Au XIXème siècle, le presbytère est restauré en même temps que l’église, les travaux permettent d’agrandir et d’améliorer l’édifice (réalisation de deux chambres au grenier, réfection du fourneau, carrelage, cheminée).

Pendant la révolution, le presbytère est loué mais n’est pas entretenu. Il est vendu en 1809 mais très vite laissé à l’abandon.

Aujourd’hui, une belle restauration nous permet de découvrir les traces anciennes.

Les autres bâtiments qui entourent le logis principal étaient autrefois des dépendances, granges car le prieur était à la fois « seigneur spirituel et temporel ». Il devait gérer plusieurs terres.

 

 

 

Les traces de la richesse seigneuriale :

 

Les seigneurs présents sur le territoire de Mézangers faisaient partis de familles nobles, riches et reconnues dans le Maine. Les Bouillé prennent leur rang dans la noblesse par leurs alliances avec la famille de Laval (René de Bouillé et Renée de Laval). Ils possèdent des terres à Torcé en Charnie, Chelé et Jublains. Certains Bouillé prirent part aux expéditions de Charles VIII en Italie, ce qui expliquerait leur goût pour l’architecture et la décoration italienne.

Cette richesse se voit évidemment au château du Rocher mais pas seulement. En effet, de nombreuses traces architecturales illustrent l’influence des seigneurs de Mézangers sur le territoire. Plusieurs demeures conservent les traces de cette architecture « élégante » de la fin du moyen âge (fin du XVème siècle-début du XVIème siècle).

 

- Manoir dit de la Grande Maison : datant pour une partie du XVIème siècle et de l’autre du XIXème siècle. Le manoir et la chapelle sont cités en 1553. On retrouve une description du site « Grande maison manable (manoir) de la vigne, chapelle, estable, jardin et cour ». A la fois lieu de résidence (manere : demeurer, rester) et lieu d’exploitation agricole comme pour la plupart des manoirs de cette époque. De la fin du moyen âge subsistent des fenêtres à meneaux et à accolades, des hautes lucarnes en assises appareillées, des pignons à rampants garnis de crochets.

L’ensemble a été modifié au XIXème siècle, notamment avec la haute tour couverte d’un toit en forme de cloche et du belvédère à balustrade.

- Manoir dit le Cruchet (aujourd’hui gîte de France) : datant du XVIème siècle, possédant de belles fenêtres à meneaux, de hauts pignons, une toiture pentue et un escalier de distribution en vis sur la façade arrière.

- Le logis Hutereau : datant de la fin du XVème-début du XVIème siècle, un bâtiment important avec une façade composée de deux travées de fenêtres à croisillons sur les hautes lucarnes. On retrouve aussi deux éléments typiques de cette époque : l’accolade et les fenêtres « à grilles », donc la fonction est plus symbolique qu’utile. Cette grande demeure bourgeoise devait appartenir aux seigneurs du château du Rocher et servait peut être à accueillir les amis ou personnes importantes. En 1771, le logis appartient au Rocher mais il est loué par Monsieur de la Cochardière.

- Les maisons du bourg : certaines maisons, situées dans le bourg, illustrent l’architecture de la fin du Moyen-âge. Une des maisons route de Saint-Gemmes-le-Robert possède un blason : il provenait probablement de la Cour de Mézangers et représente la famille de Mézangers et de Saint Bosmer, réunissant le Maine et la Normandie. Au milieu du XVème siècle, un certain Guillaume de Saint Bosmer est qualifié à la fois de seigneur de Sainte-Gemmes et de Mézangers. Néanmoins, ce titre reste à vérifier.

 

 

 

Le château du Rocher :

Une description complète se trouve dans le livre « Châteaux et Manoirs de la Mayenne ».

Ces quelques lignes résument brièvement l’histoire et l’architecture du château.

 

Le château tient son nom de l’affleurement granitique sur lequel il a été construit mais, peut être, aussi du ruisseau qui passe à proximité « le Rocher ».

Il possède deux faces : côté étang plus sobre, moins ouvert, soucieux de la défense pour les guerres ; et côté cour plus décoré, plus ouvert, demeure de plaisance.

Ce château est le fruit de multiples aménagements architecturaux (destruction de l’enceinte défensive, extension du logis), paysagers (transformation d’anciens jardins à la française en parc paysager à l’anglaise) ou décoratifs (destruction des boiseries, des cheminées intérieures du XVIème siècle).

Il résulte d’aménagements successifs de la fin du XVème jusqu’à la seconde moitié du XIXème siècle : les transformations des lieux se sont faites selon le goût de l’époque.

Le château a été classé monument historique en 1963.

La plus belle partie de ce château est représentée par la galerie Renaissance, réalisée sous François de Bouillé, grand fauconnier de France à la cour de François Ier, vers 1535. La façade est décorée avec le granit local et possède une superposition de deux galeries ressemblant à celles du château de Blois construites sous François Ier. La galerie inférieure est composée de cinq arcades au profil surbaissé, et à l’étage on peut observer une alternance de larges fenêtres.

Deux imposantes travées et fenêtres passantes soulignées par les pilastres à ordre colossal sont  couronnées par un massif constitué de pinacles et arcs boutants. Le décor italien est composé de rinceaux, arabesques et têtes d’angelots.

 

Le château du Rocher est l’un des plus beaux châteaux du département.

 

 


Photos anciennes :

Eglise
Des photos et cartes postales.

 



Archives en ligne du CG 53

Le Conseil Général de la Mayenne a entamé depuis quelques années la numérisation des ses archives départementales. Riches en documentation, on y trouve par exemple le cadastre du XIXème siècle, des monographies écrites par les instituteurs pour l’Exposition universelle de 1900, etc.
Le site : http://www.lamayenne.fr/fr/Archives53/Archives-en-ligne

 

 


Guide

Le CIAP a édité un guide illustré "Laissez vous conter Mézangers".
Le site : www.ciap.lamayenne.fr

 

 


Sources

Les deux tomes « Les communes de la Mayenne » de l’édition Flohic.
Le dictionnaire historique et topographique de la Mayenne par l’Abbé ANGOT.
L’Armorial de la Mayenne par l’Abbé ANGOT.
Le livre « Mézangers au 20ème siècle », présent à la bibliothèque de Laval.
Le livre « Evron et son canton », présent à la bibliothèque de Laval.

Le Service de l’Inventaire du Service Patrimoine du Conseil Général de la Mayenne.
Les Archives Départementales de la Mayenne.

Et enfin et surtout, l’important fonds documentaire de Monsieur FILOCHE, érudit local.

Madame de CHAVAGNAC, propriétaire du château du Rocher, Monsieur FLOCH et Monsieur BARRÉ ont également fourni de précieux renseignements sur la commune.

 

 


Divers

http://pierresdememoire.fr/?page_id=618